Gestion de Fortune - n°380
Le private equity peut-il encore cacher ses failles ?
Le private equity entre dans l’âge adulte. C’est, en creux, le principal enseignement du premier rapport « State of Private Markets 2026 » publié par MSCI. Longtemps porté par une promesse simple, à savoir davantage de rendement contre moins de liquidité, le secteur atteint aujourd’hui une taille telle qu’il ne peut plus fonctionner avec les standards d’hier.
Les marchés privés représentent désormais près d’un cinquième des portefeuilles
des grands investisseurs institutionnels. Pourtant, souligne MSCI, les
méthodes de valorisation restent hétérogènes, parfois opaques, et souvent
déconnectées du rythme des marchés. Dans un environnement marqué par
la remontée des taux, le ralentissement des sorties et les tensions sur le
crédit privé, cette absence de transparence n’est plus un simple défaut structurel
: elle devient un risque systémique.
Le constat est particulièrement visible dans les fonds evergreen et les stratégies
semi-liquides, qui illustrent parfaitement cette ambiguïté. En démocratisant
l’accès au non coté, ils ont attiré une nouvelle catégorie d’investisseurs
habitués à la fluidité des marchés cotés. Mais derrière la promesse de
flexibilité demeure une réalité plus complexe : des actifs difficiles à valoriser
et parfois encore plus difficiles à vendre lorsque les demandes de rachats
augmentent.
En réalité, le private equity vit une transition comparable à celle qu’ont connue
les marchés après les grandes crises financières : plus de données, plus de
standards, plus de discipline. La martingale n’existe pas, les investisseurs
naïfs, oui. Il n’y a de neuf que ce qu’on a oublié. Dans ce contexte, les avertissements
se multiplient. Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase, rappelait
récemment qu’ « il n’y a jamais qu’un seul cafard », en évoquant les premières
difficultés observées dans le crédit privé. Une formule brutale, mais révélatrice
d’un marché où la confiance repose encore largement sur des valorisations
internes.
Le private equity n’a plus seulement besoin de capitaux. Il a besoin d’une véritable
infrastructure de confiance.
Le private
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