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Gestion de Fortune - n°376

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ÉDITO - Convergence des luttes

Longtemps cantonnée au champ militant, la notion de convergence des luttes mérite aujourd’hui d’être pleinement intégrée à notre réflexion stratégique paneuropéenne. Pendant que le débat national, depuis plusieurs mois, se focalise sur des arbitrages fiscaux : réduire l’assiette et augmenter les taux, ou faire l’inverse augmenter l’assiette et baisser
le taux, voire pour les plus téméraires et inconscients augmenter les deux ! Or, s’il est une constante chez les entrepreneurs, c’est la crainte de l’instabilité.
Ils ont besoin de règles claires, lisibles et durables. À cet égard, les espoirs d’un apaisement en 2026, après les turbulences géopolitiques de l’an dernier,
ont été rapidement douchés en ce début d’année, en témoigne la suppression de la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Lors de la présentation de ses voeux le 13 janvier dernier, Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, a rappelé avec justesse la direction à suivre : « Il
est pourtant évident qu’une supervision européenne moins fragmentée est essentielle pour renforcer la compétitivité de nos marchés. C’est aussi une
condition nécessaire à la simplification des réglementations, que nous appelons tous de nos voeux ». Un diagnostic sans détour : un système encore trop
peu convergent, générateur d’incertitudes dans l’application des règles, et qui pousse le législateur européen à vouloir tout régler par le texte.
Ces constats sont largement partagés par l’ensemble de l’écosystème patrimonial. Mais entre l’intention et l’action, le temps semble s’étirer. Si les projections
pour 2026 se veulent plutôt optimistes, difficile de ne pas repenser à cette question, devenue célèbre, posée par la reine Elizabeth II à la London School of Economics en novembre 2008, durant la crise des subprimes :
« How come nobody foresaw it ? » (Comment se fait-il que personne n'ait pu la prévoir ?)
​À force de tergiversations, le risque est clair : faute de prévoir et d’anticiper, nous finissons par subir. Gardons-nous bien de trop espérer : la déception
serait trop cruelle… seulement ne désespérons pas tout à fait.

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