Gestion de Fortune - n°375
ÉDITO Tragédie grecque
Les élus de la Chambre des députés semblent marcher dans les pas
d’Ulysse, roi d’Ithaque et héros aux mille ruses. Orateurs habiles,
stratèges inventifs, ils savent aussi manier la duplicité lorsque l’exercice
l’exige. Ingéniosité fiscale, créativité parfois hasardeuse pour
tenter de sauver Marianne : l’art politique frôle ici l’escobarderie. En rejetant le
texte, nos virtuoses de la manœuvre parlementaire ont, sans le vouloir, rendu
hommage à Homère et à Pénélope, l’épouse d’Ulysse, qui défaisait la nuit ce
qu’elle tissait le jour. Les professionnels de la gestion patrimoniale, eux,
grincent des dents : spectateurs d’un jeu qui les concerne directement, ils n’en
détiennent pourtant aucune des clés et ne sont pas consultés.
Projetons-nous désormais vers 2026. Les prévisionnistes s’accordent sur une
formule devenue rituelle : l’économie mondiale devrait poursuivre sa croissance,
malgré les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et
des politiques monétaires divergentes. Une prose technocratique qui rappelle
cette sentence de Warren Buffett : « Les prévisions en disent long sur ceux qui
les formulent, mais peu sur l’avenir. » Autrement dit, mieux vaut éviter d’être
naïf sous couvert de rationalité.
Le hasard, dit-on, peut être un allié précieux ; encore faut-il savoir le préparer.
Les illusions, elles, coûtent cher à ceux qui s’y abandonnent. L’attentisme
n’est pas une stratégie, et la confiance aveugle en une issue favorable relève
souvent de la chimère.
Pour l’année à venir, un seul conseil s’impose : refuser l’engourdissement de
la pensée. Une certitude demeure : 2026 sera marquée par la négociation de
textes européens majeurs visant à réformer les professions du conseil patrimonial.
Un nouveau travail d’Hercule pour les représentants des CGP, de la
profession bancaire, et des conseillers privés, appelés à défendre l’harmonisation
des pratiques et la reconnaissance de leur rôle.
La rédaction vous souhaite une très belle année 2026.
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